Le Peuple de la belle rivièreRiversSaintJohn4

Comme je te mentionnais plus tôt, avant que les Européens n’arrivent sur notre territoire de l’Acadie des terres et forêts, les Malécites occupaient une grande partie des terres de notre région. Ils étaient présents au Canada et aux États-Unis, des deux côtés de la rivière Saint-Jean (la rivière Wolastoq). En ce temps, comme il n’y avait pas de frontière entre les deux pays, les Malécites pouvaient traverser à leur guise la rivière parce que leurs villages s’étendaient sur les deux pays. Quelque temps après l’arrivée des Européens, les Malécites se sont vu refuser le droit de passage entre le Canada et les États-Unis. C’est en 1794 que les Malécites ont obtenu les droits de passage des frontières entre les deux pays, suite à la signature du Traité de Jay, même si ce droit a été contesté pendant quelques années par les autorités.

La Première nation Malécite de Houlton est membre de la Confédération Wabanaki, une alliance formée au 18e siècle avec les Malécites, Micmacs, Passamaquoddy et les Abénaquis de Penobscot. La Première nation Malécite de Houlton a actuellement une population de 1020 membres et est dirigée par Brenda Commandant, la chef.

Au début des années 1970, certains des Malécites et des membres des autres tribus qui ne vivaient pas sur les réserves se sont regroupés pour former l'Association des Indiens d'Aroostook. Cette association a permis un accès aux programmes fédéraux et d'État. En 1980, La Première nation des Malécites de Houlton (HBMI) a été reconnue au niveau fédéral en tant que gouvernement des États-Unis d'Amérique, pouvant gouverner ses propres affaires tribales. Cette souveraineté tribale a longtemps été une question importante pour les Malécites de Houlton.

Côté développement économique, les Malécites de Houlton se sont dotés d’une organisation à but non lucratif, appelée la Société de développement des Malécites. Celle-ci aide dans la planification et la gérance des projets de développement de la première nation, leur permettant ainsi de devenir autosuffisants. Le Conseil de bande a également créé une société à but lucratif appelée les jardins des Malécites inc.

EnvProjPMLes membres de la Première nation Malécite de Houlton sont très actifs et sensibles à ce qui a trait à la préservation de la culture. Avec le département des ressources naturelles, ils maintiennent une exposition d'histoire naturelle où tous peuvent se rendre afin d’explorer cette collection. Ils participent également à la récolte d'automne de la racine du rat musqué (Acorus calamus). De plus, ils publient un bulletin d'information : le « Skitkomiq Nutacomit ». À raison de quatre exemplaires par année, ce bulletin met en évidence les activités de la Première nation ainsi que des histoires, des chansons dans la langue Malécite et d'autres articles culturels et environnementaux.

Pour ce qui est de la protection de l'environnement et des forêts, la Première nation Malécite de Houlton s’est également dotée d’un programme de protection de l’environnement et des forêts. Ses membres plantent des arbres, analysent la santé des poissons de la rivière pour les substances toxiques, maintiennent et préservent les ressources naturelles et l’habitat de la faune. Ils se sont aussi dotés d’un programme des ressources en eau afin de protéger et améliorer la qualité de l'eau dans la rivière Meduxnekeag.

Grâce à la surveillance des conditions de la qualité de l'eau dans la rivière, ils sont en mesure d'aider la population à faire des choix éclairés concernant leurs activités dans et autour de la rivière. Comme tu peux le voir, les Premières nations Malécites sont très sensibles quant à la préservation des ressources naturelles et culturelles. Ils vivent en harmonie avec la terre et peuvent nous en apprendre beaucoup sur le territoire.21

Allons jeter un coup d’œil sur une troisième nation Malécite vivant sur le territoire de l’Acadie des terres et forêts, celle de la nation de Viger, au Québec.

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